jeudi 29 avril 2010

Perles d'Epices : pub gratuite

Pour des gens dont j'aime bien le travail, à savoir les Editions ActuSF, qui lancent une nouvelle collection réservée aux inédits et non réédités : Perles d'Epice.

Perles d’Epice, la nouvelle collection d’Actusf !

Les éditions ActuSF ont le plaisir de vous annoncer le lancement de leur nouvelle collection : Perles d’Épice !

Déjà constitué d’auteurs français de renom et de nouvelles plumes talentueuses, le catalogue s’étoffe à présent d’auteurs incontournables de la science-fiction mondiale !

La collection Perles d’Épice, imaginée avec la complicité d’Ayerdhal, a pour vocation de proposer aux passionnés de littérature de l’Imaginaire, des inédits et des rééditions d’œuvres quasi introuvables, par les écrivains phares situés hors de l’Hexagone. Parée d’un nouveau design distinctif, elle sera déclinée sous les formats habituels : novellas et recueils de nouvelles.

La collection Perles d’Épice sera lancée en mai 2010 avec la publication de trois livres :

· La réédition de Baroudeur de Jack Vance, précédemment parue dans notre collection Les Trois Souhaits. Un recueil de nouvelle illustrant à merveille les talents de conteurs et de créateurs d’univers de ce maître de la science-fiction et de la fantasy.
· Le Volcryn, de George R. R. Martin, une novella écrite au début de la carrière du célèbre auteur du Trône de Fer, qui allie brillamment SF et thriller, pour un huis clos spatial baigné d’une aura oppressante. Cette novella a remporté le prix Locus 1981.
· Une novella totalement inédite de Robert Silverberg : Les Vestiges de l’automne. La conclusion du cycle du Nouveau Printemps, avec en bonus le synopsis du troisième tome avorté. Elle met en scène Nortekku et Thalarne, deux chercheurs entretenant une relation fusionnelle, en expédition scientifique à la recherche des derniers survivants des anciennes races…

Et ce ne sont que les premiers d’une longue série !


Tout ceci se trouve sur leur site, c'est à dire ici.

Déclin et chute


J'ai volontairement choisi cette couverture pour montrer qu'"Earth abides" est un roman écrit il y a longtemps, précisément en 1949. Traduit immédiatement en français et publié sous le titre incongru de "Un pont sur l'abime", il est ressorti en 1980 dans la collection "Ailleurs et demain" sous son véritable titre "La Terre demeure". Depuis, plus rien. C'est d'autant plus étonnant que c'est un ultra classique dans le monde anglo-saxon, souvent comparé par son importance à "1984", ce qui est imho un peu exagéré.
Dans "Earth abides", l'Humanité est presque totalement éradiquée par une mystérieuse maladie. Ish, jeune géologue et un des rares survivants, rassemble autour de lui quelques autres miraculés, non loin de San Francisco, et, ensemble, ils forment une petite tribu à laquelle de nombreux enfants viennent rapidement s'ajouter.
George R. Stewart aborde de nombreux thèmes avec une grande sensibilité, et c'est ce qui fait la force de ce roman, même 60 ans après. L'auteur décrit explicitement la dispartition progressive des constructions humaines et la réoccupation du terrain par des éléments naturels. Il est peut-être le premier à avoir montré le caractère profondément artificiel et en survie de nos plantes et de nos animaux, anticipant le Fourastié de "Pourquoi nous travailllons".
La nouvelle "société" vivra selon de nouvelles règles et créera une nouvelle culture, ceci dès l'origine. Les survivants profitent de la catastrophe pour se débarasser des oripeaux du monde ancien. Ainsi Ish forme un couple avec Em qui est métisse, ce qui en 1949 est non seulement rarissime mais même illégal dans certains Etats, alors qu'Ezra forme une famille bigame avec deux femmes consentantes. De même, la religion, capitale pour des américains, est rapidement délaissée. Aucune force politique centralisée n'est créée, la petite taille du groupe rendant inutile une telle spécialisation ; seul un conseil informel se réunit de temps en temps (dont le seul acte politique du livre sera le vote de l'élimination d'un étranger menaçant pour le groupe). Un calendrier nouveau est adopté, avec la catastrophe comme origine, tournant la page de l'ancien temps.
Alors que la Nature reprend la place que l'Homme lui avait dérobée, les survivants du désastre vivront encore pendant de longues années en puisant dans les restes de la civilisation comme des charognards. C'est la voie du souvenir et de la facilité, et elle est empruntée naturellement par les survivants puis par leurs enfants. Progressivement les stocks s'épuiseront, moins par prélèvements, proportionnellement insignifiants, que par obsolescence et corruption, et il deviendra nécessaire de produire. Ish aura rêvé toute sa vie de recréer une civilisation technicienne. Il n'y sera pas parvenu et ses descendants seront des chasseurs-cueuilleurs dignes du Néolithique utilisant parfois les restes de l'ancien monde comme des ressources naturelles. Stewart traite ici de manière convaincante la question de la masse critique de population nécessaire au développement et à la division du travail. Il montre aussi comment ces micro sociétés sont vulnérables à la moindre épidémie ou catastrophe naturelle et/ou climatique, et susceptibles de disparaitre sans laisser de trace à tout moment.
Stewart montre aussi de manière intelligente comment naissent les mythes dans une société ignorante. Ish et son marteau sont la meilleure approximation d'un dieu qui existe dans la petite société. Et, devenu bien vieux, Ish est écouté comme un oracle par des ignorants dont il avait rêvé de faire des hommes civilisés. La civilisation s'est éteinte. L'Humanité devra repartir de zéro et tout réinventer comme si rien n'avait existé. Toute sa vie Ish a préservé la bibliothèque de l'Université avant de réaliser à la fin quelle absurdité c'était, tant les concepts sont devenus inabordables, a fortiori dans une population dont chaque nouveau membre est analphabète.
Ce qui se produit dans "Earth abides" est le retour à la barbarie observé après la chute des grands empires. Il n'y a aucune raison de croire que nous serions plus efficace si une telle catastrophe survenait aujourd'hui.
"Earth abides" est un beau roman qui aborde intelligemment des questions essentielles. Il peut toujours être lu avec profit et plaisir. Deux points sur lesquels le roman accuse son âge : Ish porte sans cesse des jugements sur les autres en terme de valeur intellectuelle, valeur morale, utilité sociale, qu'aucun auteur contemporain vacciné au politiquement correct ne s'autoriserait aujourd'hui, et la disparition de l'Humanité s'est faite en bon ordre, sans destruction, ni panique, ce qui est surement le signe d'une société plus policée que la notre, et on a du mal à croire que les humains feraient preuve d'une telle décence face à l'extinction, ce n'est pas l'option choisie dans The Stand pour ne prendre que cet exemple.
Earth abides, trad. LaTerre demeure, George R. Stewart

samedi 24 avril 2010

Highway to hell


Juste un mot rapide pour signaler "Zumbies", un album bien excitant publié par Fluide Glacial.
Très jolie couverture imitation serpent barrée d'un Z aussi vert fluo que le sérum du Doktor West dans Réanimator.
"Zumbies" raconte les aventures hilarantes, rock'n'roll, et gores de "The Zumbies", un groupe de métal réanimé et born to be wild, dans les environs du Paris de 2027 noyé sous les eaux du réchauffement.
C'est irrévérencieux (même très, tendance Charlie Hebdo), méchant, iconoclaste. C'est rempli de personnages avec des trognes horribles dans des situations qui ne le sont pas moins. C'est parfois rouge sang et toujours feldgrau pourriture. Ca rappellera très fort aux plus vieux d'entre vous les BD punk-rock publiées, il y a des années, dans Métal Hurlant ou Rock and Folk. Pour ceux qui voudraient se faire une idée, un extrait est dispo ici.
The Zumbies, t1, auteurs qui ne doivent pas être nommés

jeudi 22 avril 2010

Gnome de Zurich


Flore Vasseur est une diplomée IEP/HEC qui a vécu à New-York la folie de la bulle Internet, puis a tout plaqué pour se promener dans le monde avant de créer un cabinet de consulting. Elle a écrit "Une fille dans la ville", une autobiographie, puis maintenant "Comment j'ai liquidé le siècle", fable morale sur un trader qui s'engage dans la destruction du système financier mondial. Ce roman est une perle.
Décrivant un milieu qu'elle connait parfaitement, Flore Vasseur place le lecteur dans la tête d'un trader de très haut niveau, lui permettant de voir ce qu'il voit, d'entendre ce qu'il entend, et de savoir ce qu'il pense. Et c'est édifiant.
Pierre est le trader-type. Fils d'un petit artisan de Clermont-Ferrand, matheux compulsif et donc adolescent inadapté à la vie sociale, il fait Polytechnique et devient trader dans une grande banque. Il a 25 ans, une compétence relationnelle nulle, et un salaire à 7 chiffres. Sa vie se partage entre un travail quotidien de 18 heures et une vie de nabab. Flore Vasseur passe tout en revue sans rien omettre : la morgue des traders (des "X" qui considèrent les Enarques comme des buses, et les diplomés d'école de commerce comme des zéros), leur nombreux petit personnel, leurs lofts somptueux remplis d'oeuvres d'art et de jouets d'enfants à 15000$, leurs multiples voitures de sport, leur consommation de produits hors de prix markétés et vendus par des petits futés qui savent où trouver les vaches à lait, leur mépris pour tout ce qui n'est pas leur caste, leur irresponsabilité morale, leurs mariages ratés, forcément ratés, leurs enfants malheureux, leurs parents oubliés, leur sexualité faite de prostituées de luxe et de filles ambitieuses, leurs coachs périnéaux, l'absence d'attache de ceux qui sont peut-être les seuls vrais apatrides. Le petit monde des traders constitue une aristocratie qui a tous les traits et les travers de celle d'Ancien Régime, en particulier son caractère parasitaire et souvent obscène. Tout ceci pourrait paraitre bien sinistre à lire. Mais le grand talent de Flore Vasseur est de brosser ce tableau avec un cynisme, un ton caustique et décapant qui rend souvent le roman hilarant (le couple de Pierre raconté en 5 pages de la rencontre au divorce est un petit bijou). Il faudra aimer l'humour noir pour apprécier ; j'ai adoré.
Il y a quelques années j'avais lu le très pénible "Horreur économique" de Viviane Forrester. Ce que décrit Flore Vasseur n'en est pas très éloigné, mais là où le Forrester était une purge, le Vasseur est un grand moment de plaisir. Là où l'hystérie incantatoire de Forrester rendait les grands capitalistes presque sympathiques, Vasseur livre au lecteur le portrait d'une classe dont le monde ferait bien de se débarasser.
Mis à part un peu de conspirationnisme (je ne suis pas très fan) et deux ou trois dernières pages un peu surréalistes, "Comment j'ai liquidé le siècle" est un roman jubilatoire que j'ai dévoré en deux soirées et que je conseille vivement à tous ceux qui veulent pouvoir expliquer pourquoi ils n'aiment pas les financiers.
Comment j'ai liquidé le siècle, Flore Vasseur

Les mystères de Paris


Très bonne surprise que ce premier album. Pourtant les deux ou trois premières pages m'ont terrorisé. Le franglais bistrotier et rigolard parlé par la voyante naine (car il y en a une) m'a fait craindre la grosse farce qui tache. Puis, la naine disparait (le point de l'album est d'ailleurs de la retrouver), et le tout devient excellent.
Dans le Paris de la fin du XIXème siècle, un détective privé et son impertinente assistante enquêtent pour retrouver la disparue, et vont trouver bien plus qu'ils ne cherchaient. Tout au long de l'album on se croirait dans un roman d'Eugène Sue. Paris est peuplé d'une faune bigarrée de bourgeois, policiers, prolétaires, margoulins, et même génies du mal (si !). Le métro est en cours de construction, et les usines de la Révolution Industrielle sont inhumaines comme il se doit. L'enquête, riche en rebondissements et en personnages hautement mystérieux, est transcendée par la présence charismatique d'une femme forte qui impose son autorité dans un monde d'hommes, y compris à son mysogine de patron. Les longs dialogues, enfin, sont garants d'une histoire complexe et développée.
Les dessins sont superbes, d'un style réaliste cartoony très agréable. Quand aux couleurs elle sont tout simplement parfaites, éclatantes ou sombres suivant les besoins. Il faut dire que Jacques Lamontagne a signé la série "Les druides", ce qui est une vraie référence.
Vivement la suite.
Aspic, t1 la naine aux ectoplasmes, Gloris, Lamontagne

mardi 20 avril 2010

Bollypunk


"River of Gods" de Ian MCDonald est un énorme pavé qui sera bientôt publié par Denoël sous le titre "Le fleuve des dieux".
La rédaction de ce post est, c'est assez rare pour être signalé, un vrai dilemme pour moi.
"River of Gods" est un très bon roman, un de ceux qu'il faut avoir lu imho. L'Inde de 2047 est vue à travers les vies de 9 personnages dont les destins s'interpénètrent dans un pays en guerre. Nous suivons donc un petit voyou, un conseiller gouvernemental, un incorruptible, un designer "neutre", deux scientifiques, une jeune fille au passé trouble, un capitaine d'industrie, une journaliste (plus les quelques personnages secondaires qui gravitent autour d'eux). Ces 9 visions permettent au lecteur de visiter l'ensemble de la société complexe imaginée par l'auteur. Et la société décrite dans "River of Gods" vaut à elle seule lecture du roman. L'inde s'est déchirée, elle est morte, remplacée par trois Etats en compétition : Awadh, Bharat (où l'histoire est située), et Bengal où l'étranger s'immisce comme il peut. La mousson n'est plus tombée depuis trois ans et la sècheresse est terrible. Bengal ramène un iceberg du pole pour tenter de modifier le climat local ; Awadh a construit un barrage sur le Gange qui capte le peu d'eau qu'il contient encore et en prive Bharat. Une guerre de l'eau est sur les rails. A Bharat, la situation est grave, et elle l'est encore plus sur le plan politique car des extrémistes hindous, excités par un leader charismatique, accusent le gouvernement de faiblesse coupable et veulent la guerre contre Awahd. La guerre aura lieu, avec des conséquences tragiques, alors que d'autres parties, d'une importance bien plus capitale, seront réglées en coulisse.
Ian MCDonald fait dans ce roman un travail superbe de création de monde. La République de Bharat est un monde vivant, à l'intersection de la tradition indienne - avec ses temples, ses dieux, ses crémations sur le Gange, ses saints hommes nus, sa propension incroyable à l'émeute et au pogrom, ses entreprises familiales, sa société de caste jamais éradiquée malgré la démocratie - et de l'extrême modernité, représentée par des robots de combat ou de maintien de l'ordre, des IA parmi les plus puissantes de la planète, un laboratoire de recherche de pointe sur les univers alternatifs, une sélection des foetus males qui a complètement déséquilibré le rapport démographique hommes/femmes, une sitcom vedette dont les acteurs sont des IA qui vivent entre elles une meta sitcom avec mariage, séparations, etc..., des boites de nuit où chacun dansent sur son propre mix, des "neutres" ni hommes ni femmes grace à la chirurgie, des "brahmins" enfants génétiquement modifiés très supérieurs aux humains normaux, entre autres et j'en oublie. L'univers créé par l'auteur vit, remue, foisonne, plein de bruits, de températures et d'odeurs. Son style très nerveux, souvent constitué de successions de locutions nominales sans verbe, donne l'impression d'avoir sous les yeux une succession de flashes illuminant brièvement des actes ou des pensées. Efficace et agréable, même si l'utilisation intensive de mots indiens rend la lecture parfois un peu rugueuse.
Mais je ne relirai surement jamais "River of Gods". Le roman est conçu comme une sitcom avec personnages principaux et secondaires, intrigues principales et secondaires, luttes politiques et luttes amoureuses, décrite avec force détails qui la rendent crédible mais ralentissent énormément la narration. Le début du roman est atrocement lent, et la progression reste lente même quand les fils commencent à s'entrelacer et que le lecteur entrevoie les lignes de force qui sous-tendent le récit. Le principal est souvent noyé dans le secondaire. Ce roman plaira surement beaucoup aux lecteurs qui aiment Stephen King ou qui ont aimé Perdido Street Station, mais sa lecture ne m'a pas été un plaisir tant on y est loin de la tension de The windup girl, roman situé dans un contexte un peu semblable.
Néanmoins le monde créé par Ian MCDonald m'a tant plu que j'y retournerai sous peu grace aux nouvelles de "Cyberabad days", ce qui montre bien que je ne suis pas rancunier.
River of Gods, Ian MCDonald

Toujours excellent


J'ai dit dans ce post tout le bien que je pensais de la série "Le juge Bao". Le tome 2 confirme sans le moindre doute. Je conseille donc toujours avec le même enthousiasme les productions de la jeune maison d'édition Fei (dont je ne suis pas salarié je le précise ;-).
Le juge Bao et le roi des enfants, Marty, Nie

L'avis de Cédric Ferrand

dimanche 18 avril 2010

BOF


Pas déplaisant (encore faut-il apprécier la colorisation très typée vieux pulp), mais largement dispensable.
L'ultime défi de Sherlock Holmes, Stromboni, Cotte, d'après Dibdin

lundi 12 avril 2010

BOF


Quel ennui !!! Quel mortel ennui !!!


"Boneshaker" est invraisemblable. Fin XIXème aux USA, la guerre de Sécession est toujours en cours, on ne sait pas ce que ça apporte. L'expérience d'un savant fou, basé à Seattle, a mal tourné. Elle a détruit une partie de la ville, et a libéré un gaz qui a tué une grande partie de la population et transformé certains cadavres en zombies. Les survivants ont fui et construit un mur pour enfermer le désastre. Ils continuent de vivre, misérablement et dans des conditions sanitaires dramatiques dues à la pollution par le gaz, dans les faubourgs de la ville. Difficile de comprendre pourquoi ils restent là, les USA me semblaient être un pays vaste. Dans la ville condamnée survivent des gens. On ne comprend pas bien pourquoi ils ont choisi de vivre dans une ville où l'air est un poison mortel et où des zombies errent dans les rues. D'autant qu'existent des tunnels qui permettent de sortir de la ville. Ces gens vivent dans des réseaux de tunnels qu'ils ont construits et qui traversent la ville, et respirent de l'air pur grace à de grands tuyaux rigides qui vont chercher le chercher en altitude, comme des pailles, grace au travail de chinois (!) dont on ne sait pas trop ce qu'ils font là à part servir d'esclaves aux machines qui pompent l'air.
Je pourrais continuer sur les invraisemblances. Il y en a d'autres. Mais le pire, c'est à quel point ce roman est mou. Zeke, fils posthume du savant fou, entre dans la ville pour prouver que son pêre n'était pas responsable de la catastrophe. Horrifiée, sa mêre le suit avec quelques heures de retard pour le sauver de ce grand péril. Elle va le chercher tant et si bien qu'elle va finir par le retrouver. Globalement la narration est : marche, rencontre, discussion, marche, nouvelle rencontre, nouvelle discussion, etc... (ouverture et fermeture de portes étanches aussi, très important pour éviter que l'air mortel n'entre dans les zones d'habitation) Ad nauseam
De temps en temps des zombies attaquent, mais ils ne blessent jamais personne, sauf une fois un alcoolique tellement saoul qu'il n'arrive plus à marcher droit. Les filtres à air sont une nécessité vitale et constante, mais personne n'en est jamais à court. Il est rare que je m'ennuie autant. Souvent quand je lis un mauvais livre, au moins ça me fait rire. Là, ça n'a été qu'un long tunnel d'ennui. Que ce livre soit nominé pour le Nebula me paraît invraisemblable. Durant la lecture de ce désastreux roman, je suis allé vérifier sur Amazon que ce n'était pas un roman jeunesse, tellement je doutais de l'intérêt de cet ouvrage pour un adulte d'intelligence normale, c'est dire...

Je vais arrêter là pour ne pas perdre le temps de l'écriture après avoir perdu celui de la lecture.
Boneshaker, Cherie Priest

L'avis de Cédric Ferrand

L'avis de Lhisbei

vendredi 9 avril 2010

Genèse de la Louve


L'Histoire anglaise est un vrai plaisir à étudier. Alors qu'en France les choses se sont passées de manière à peu près calme jusqu'à la Révolution, la succession des rois d'Angleterre s'est le plus souvent faite dans le sang et la fureur.
Dans la brève et nouvelle série de Paul Doherty, l'un des auteurs policiers anglais les plus prolifiques du siècle, le lecteur est plongé dans les évènements qui vont conduire à la Guerre de Cent ans ; cette série constituant donc, à quelques décennies près, une préquelle à une autre dont j'avais déjà parlé.
Les deux romans sortis pour l'instant narrent les premières années du mariage entre Edouard II d'Angleterre et Isabelle de France, surnommée "la Louve", fille de Philippe IV le Bel, vues par les yeux de Mathilde de Westminster, suivante et plénipotentiaire d'Isabelle.
L'époque est à la guerre. Philippe le Bel veut imposer sa lignée sur le trône d'Angleterre (et y parviendra avec Edouard III, ce qui causera la guerre) et complote sans cesse contre la perfide Albion, les fils de la reine douairière, soeur de Philippe IV encore, sont une menace dynastique, les grands barons anglais sont en révolte quasi-ouverte contre le roi à qui ils reprochent l'influence de Piers Gaveston, son favori, l'Ecosse entre en rébellion contre la Couronne, la maison royale est ruinée, le pape veut pousser Edouard II à détruire les Templiers dans son royaume, comme Philippe IV l'a fait en France.
Dans ce contexte délicieux, Mathilde de Westminster lutte pour préserver les intérêts d'Isabelle de France et améliorer la position de celle qui n'est pas encore la cruelle politique qu'elle deviendra (qu'on sache seulement qu'elle complotera le meurtre de son propre fils, le futur Edouard III).
Le ton de ces romans est poignant. En effet, c'est une vieille femme, cloitrée, Mathilde à la fin de sa vie, qui livre une longue confession. Elle mêle donc souvent ce qu'elle savait au moment des faits et ce qu'elle a appris par la suite, source de remords sur ce qui aurait pu ou du être mieux accompli, elle pleure les morts dont elle sait les secrets et qui l'ont laissée seule à se souvenir, elle plie sous la fatigue d'une vie trop longue et surtout trop remplie, mais heureusement pour le lecteur, sa parfaite mémoire reconstitue la Londres du début du XIVème siècle avec forces bruits, odeurs, images, ainsi que la folie frénétique de la Cour et la vénéneuse effervescence politique du moment.
Si on aime les romans historiques, difficile de ne pas être touché par cette série.
Précisons pour finir que l'auteur Paul Doherty a fait sa thèse de doctorat d'Histoire sur Edouard II et Isabelle de France.
Le calice des esprits, et Le combat des reines, Paul Doherty

Fare well, ol' bastard


Créateur des Sex Pistols, Malcolm McLaren est allé rejoindre Sid Vicious. Lui et sa bande ont plus changé l'Angleterre que le premier ministre de l'époque dont tout le monde a oublié le nom.
Vivienne Westwood est navrée. Moi aussi.

RIP

jeudi 8 avril 2010

Lhisbei est magique

Réponse à la question du post précédent : deux filles, peut-être soeurs, dans une boite gothique, prénommées Marian et Alice.
C'est un Easter Egg qui fait référence aux Sisters of Mercy. Ou alors c'est une coïncidence mais, comme Sherlock Holmes, je ne crois pas aux coïncidences.

Félicitations à Lhisbei qui a trouvé la réponse.

mercredi 7 avril 2010

Bain de sang


J'avais lu et aimé L'enfant des cimetières, de Sire Cedric, l'an dernier. Je suis étonné de voir à quel point je pourrais reprendre le post précédent presque mot pour mot en ce qui concerne "De fièvre et de sang". Sire Cedric a trouvé une formule qui lui convient, et il s'y tient, ce qui n'est pas stupide vu l'efficacité de la dite formule.
Sur le fond, au personnage du Commandant Vauvert s'en ajoute un nouveau, dont le background complexe laisse présager l'arrivée future d'un troisième opus. Plus gore que "L'enfant des cimetières", "De fièvre et de sang" mèle de nouveau très habilement vraie enquête policière avec vrais interrogatoires, vraies déductions, vrais indices, et des éléments fantastiques qui ne paraissent jamais incongrus dans ce contexte prosaïque. Les qualités du premier roman sont toutes présentes ici, et les personnages gagnent, de plus, une certaine profondeur psychologique qu'ils n'avaient pas dans le premier roman. Ne résumant jamais les oeuvres, je ne peux dire plus ou autre chose que ce qui se trouve dans ma première chronique. C'est elle qu'il faut lire pour se donner envie. Pour les amateurs je reprends ma conclusion, c'est du Masterton avec une fin. Et je leur conseille vivement de lire ces deux romans dans l'ordre, c'est plus cohérent.
Quizz : Dans une scène du livre, l'enquêtrice interroge deux filles prénommées Alice et Marian. Quelle référence cachée y a-t-il ici ? (le premier à trouver gagnera un post dithyrambique).

De fièvre et de sang, Sire Cédric

mardi 6 avril 2010

Autopromo sans vergogne


Oyez, oyez ! Bonnes gens !

Sachez que vous pouvez retrouver Quoi de neuf sur ma pile ? sur trois agrégateurs différents :

PLANÈTE SF, agrégateur de blogs SF et Fantastique

1FAMEBLOG, 1 blog par jour mis à l'honneur (et où on peut voter à n'en plus finir pour dire comme Quoi de neuf... est un bon blog)

ULIKE, réseau d'échange culturel, où pour une raison que je ne m'explique pas j'ai la tête d'El JC (et là aussi on peut voter à en perdre la raison pour Quoi de neuf...)

Venez, votez, buzzez ! Que le nom de Gromovar résonne sur tout le web !

lundi 5 avril 2010

69, année nécrotique


Mercredi 2 juillet 1969

Membre fondateur des Stones, Brian Jones, défoncé, se noie dans la piscine de Cotchford Farm, son manoir du Sussex.

Samedi 9 août 1969

Sharon Tate est assassinée à Los Angeles par des membres de la Famille, organisation criminelle hippie dirigée par Charles Manson

Vendredi 5 décembre 1969

Pendant le concert des Rolling Stones au festival d'Altamont, un jeune spectateur noir est poignardé par un membre des Hell's Angels. Ceux-ci assuraient le "service d'ordre".

1969 est l'année où le rêve hippie se transforme en cauchemar. Marc Villard revisite cette année charnière dans le cadre d'une novella construite comme un docu-fiction ; le personnage imaginaire de la strip-teaseuse Sheryl fait le lien entre ces divers évènements. On plonge dans l'ambiance de l'époque, dans cet "été de l'amour" où idéalistes, naïfs, illumoinés, dealers, trafiquants d'armes, ou délinquants primaires se sont croisés et entremélés, souvent dans le plus simple appareil, autour d'une musique qui tourneboulait le monde, et qui s'achève dans la violence des Hell's Angels tabassant le public d'Altamont, à mort pour certains. Non dénué d'intérêt historique (notamment grace aux belles photos d'époque qui l'illustrent), "Sharon Tate ne verra pas Altamont" pêche par une trop grande brièveté. Le voyage (dois-je dire le trip ?) est plaisant mais trop court, trop sec. Je ne regrette pas d'avoir "Sharon Tate ne verra pas Altamont" dans ma bibliothèque mais je lui préfére The Armageddon Rag, moins réaliste mais plus impliquant.

Le chaos live :



Sharon Tate ne verra pas Altamont, Marc Villard

Swap cinéma du Traqueur


Le Traqueur Stellaire organise un swap cinéma ce mois-ci. Echange DVD, livre, goodies. Vous avez jusqu'au 18 avril pour vous inscrire, alors allez jeter un oeil, ça peut être amusant.

samedi 3 avril 2010

Décevant


J'avais beaucoup aimé Wolrd War Z de Max Brooks. "Attaques répertoriées" reprend, en bande dessinée, un principe semblable de récit choral.
Plusieurs fois déjà dans l'Histoire, de la Préhistoire à nos jours, des zombies ont attaqué des humains. Douze de ces attaques sont présentées ici, joliment illustrées à l'encre par Ibraim Roberson. Douze témoignages, indépendants les uns des autres (sauf pour deux d'entre eux), qui composent une image impressionniste des rapports entre vivants et non-morts. Narrées, jamais dialoguées, ces histoires sont trop courtes et trop sèches pour intéresser le lecteur, à l'exception de quelques-unes à l'ironie mordante (c'est le cas de le dire), celles qui se trouvent dans la seconde moitié de l'ouvrage, et encore...
Il est largement inutile de dépenser treize euros pour cet album sauf si l'on est un collectionneur compulsif de Max Brooks.
Attaques répertoriées, Max Brooks, Ibraim Roberson

L'avis de Néault (dont on ne sait pas s'il aime ou pas ;-)