dimanche 31 octobre 2010

La Madelon vient nous servir à boire


Suite de l'excellente série Notre mère la Guerre avec cette "Seconde Complainte".
C'est toujours superbement illustré en lavis et lignes brouillées. Le scénario montre encore la folie et les contradictions d'une conflagration dans laquelle les certitudes et les repères sont brisés par la violence d'une boucherie dépourvue de sens.
On croise dans cette "Seconde Complainte" un échantillon important du monde bigarré qui hante le purgatoire boueux : des femmes assassinées, un gendarme découvrant l'horreur de la guerre, un général confis dans l'huile de ses certitudes, un pacifiste exhortant ses hommes, jeunes repris de justice, au combat, un officier, admirateur de Péguy, devenu impuissant et s'amourachant d'une jeune prostituée, des tirailleurs sénégalais perdus dans la neige de Champagne, un blessé qui agonise dans le no man's land, soutenu dans ses longs derniers instants par ses camarades qui lui chantent des chansons à boire depuis la tranchée.
L'enquête progresse, des témoignages commencent à arriver, on saura peut-être qui a tué ces femmes. Dans le même temps les morts s'égrènent au fil des assauts menés ou repoussés. L'absurdité d'une enquête criminelle sur les lieux d'un crime de masse ne semble gêner personne, pas plus que celle qui consiste à conquérir des trous de terre pour les voir reconquis peu de temps après.
Notre mère la guerre, t2, Seconde Complainte, Maël, Kris

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