jeudi 31 décembre 2009

Bad me


Taggé par El JC, je dois ici nommer 3 bonnes résolutions que je ne tiendrai surement pas en 2010. L'exercice est moins simple qu'il n'y parait. En effet il faut trouver des choses qu'on aimerait vraiment un peu améliorer en sachant pertinemment que les chances de succès sont très faibles, ce qui est un peu tue-l'envie.

1 ) Arrêter de tout faire au dernier moment : Voila environ vingt ans que je me dis chaque année que l'année prochaine je ne serai pas toujours à la limite. Voila vingt ans que je n'y arrive pas. J'aimerais bien arriver avant la retraite à avoir des cours planifiés un peu à l'avance.
2 ) Faire du sport : Pour augmenter mon bon cholestérol. Dommage qu'il n'existe pas une pilule comme celle qui fait baisser le mauvais. Dans cette optique, je donne à la recherche.
3 ) Me remettre aux jeux de rôle : J'en meurs d'envie depuis longtemps. Mais une famille normale a l'inertie moyenne d'un porte-avion et je ne crois pas pouvoir la faire virer de bord en moins d'un an.
Aux autres de travailler maintenant. J'appelle donc sur scène Néault, Papa Fredo, et Nébal (s'il accepte de sortir pour ce faire de sa retraite).

mardi 29 décembre 2009

C'est ma tournée (aka horror list)

A mon tour de proposer un petit best of et de faire réagir les malheureux acteurs de la blogospère (tout au moins les 0,00001 % que je connais).

Alors c'est parti pour la liste des meilleurs films d'horreur. Il m'en est revenu 12. Aucun DTV et pourtant j'en ai vu de nombreuses dizaines, plus médiocres les uns que les autres. Evidemment, comme toute liste, elle penche très fortement vers le récent, mais c'est l'inévitable défaut du genre.

Techniquement, je ne tagge personne. Postez vos commentaires et je lierai vers vos listes.

Bonne fin d'année.




lundi 28 décembre 2009

Destruction créatrice


Cory Doctorow est vraiment un auteur impressionnant. J'ai déjà dit tout le bien que je pensais de son oeuvre ici, ou encore , et je vais encore une fois le répéter à l'occasion de la sortie récente de son dernier roman "Makers".
"Makers", non encore traduit, est disponible en anglais en version papier ou en téléchargement gratuit (en plein de formats ici), Doctorow étant un militant de l'open source, opposé au droit d'auteur. Il y développe sous forme romanesque ses théories sur l'open source et l'amélioration collective des produits ainsi que ce qu'il imagine comme la prochaine révolution technologique, à savoir "l'impression" d'objets réels, à l'aide de plans numériques, téléchargeables comme le sont aujourd'hui les fichiers images ou sons, c'est à dire la dématérialisation et la délocalisation de la production matérielle. Dit comme ça, ça n'a pas l'air sexy. Et pourtant ça l'est. Car les idées sont illustrées ici par la vie de personnages hauts en couleurs et rapidement attachants dans leur crédibilité (faite de forces, de faiblesses, de doutes, de faillites), et que, de surcroit, l'ouvrage ne cesse jamais d'être un roman et n'est jamais didactique.
Les personnages qui portent son histoire sont un couple de geeks brillants et créatifs, un venture capitalist, deux ou trois cadres, et une journaliste devenant blogueuse. Ils apportent leur pierre à l'édifice du progrès humain et, tels des nains sur des épaules de géants, amènent le monde plus loin.
Impossible en lisant "Makers" de ne pas penser à Schumpeter et à sa théorie du progrès technique porté par des entrepreneurs illuminés et brillants ; c'est ce que sont Perry et Lester, les deux héros du livre. Leur grande aventure, le New Work, est une grappe d'innovation qui amène au monde de nouvelles possibilités de développement. Dans le monde contemporain c'est un blog qui, en leur apportant la notoriété, leur apporte le succès (et ce blog est maintenu par une ex-journaliste qui a su quitter le monde d'hier pour entrer dans celui de demain). Dans la droite ligne de la thèse de Jérémy Rifkin sur "La fin du travail", Doctorow décrit un monde où vivent beaucoup d'hommes hors du salariat : entrepreneurs indépendants, petits commerçants, assistés sociaux. En effet, les révolutions technologiques changent aussi les rapports de production, comme diraient les marxistes. Comme dans la réalité les pionniers ont du mal à tirer profit de leur innovation : marché trop étriqué, personnalité trop chaotique des innovateurs, relations difficiles avec les gestionnaires. Mais, après la fin de leur heure de gloire, Lester pirate par conviction les imprimantes 3D qui sont la dernière grande idée de Disney pour vendre du superflu à la population. Ce faisant, Perry et Lester les ouvrent à tous les sens du terme, et les rendent alors réellement utiles. Doctorow développe ici une métaphore des rapports entre le matériel et le logiciel, et de l'importance de l'interopérabilité, qui rappelle la croissance et le succès des PC sous Windows, premier standard informatique permettant de créer un marché de masse.Et ce sera au final un gestionnaire, créatif frustré, qui comprendra qu'il vaut mieux intégrer cette source d'innovation que la combattre, et qui mettant en forme la créativité de Perry et Lester, la rendront accessible à l'ensemble de la population. J'ai pensé au multivers de Moorcock, dans lequel le Chaos crée et la Loi organise.
Déguisé en roman, "Makers" est un plaidoyer pour la créativité, pour l'open source, pour les projets collaboratifs que chacun peut améliorer en y ajoutant des fonctions. On y trouve de nombreuses références qui ne surprendront pas les lecteurs de Doctorow : l'informatique, les styles de vie, Disneyland, la culture de loisir, l'importance de la notoriété, le goût de la création, la méfiance à l'égard des majors. On y trouve aussi des sentiments humains forts, et des idées originales et plutôt amusantes telles que la création de fonds spéculatifs pour payer de longues procédures en justice contre des multinationales dans le seul but d'obtenir un rendement élevé grâce aux dommages et intérêts, ou un traitement efficace contre l'obésité qui oblige à manger 10000 calories par jour. En dépit d'une partie centrale un peu trop longue, c'est un vrai plaisir de lecture.
Makers, Cory Doctorow

L'avis de Cédric Jeanneret

A se faire offrir ?


Pince sans rire, très second degré, clairement bourdieusien par moments, Jean-Louis Fournier pointe dans ce (très) court ouvrage les différences existant entre riches, nouveaux riches, et pauvres grâce à une succession de saynètes, version littéraire des strips de BD.
Pas déplaisant mais 17 € pour 1 heure de lecture, ça fait cher l'ironie. A se demander si le pauvre Jean-Louis Fournier n'essaie pas devenir un nouveau riche en vendant des livres.
Les mots des riches, les mots des pauvres, Jean-Louis Fournier

jeudi 24 décembre 2009

Happy birthday Jesus



Mon Santa Cthulhu ne parle qu'italien. Désolé.

lundi 21 décembre 2009

Si beau que ça fait mal


Tome 7 de l'excellente (le mot est faible) série "Murena", de Dufaux et Delaby, qui conte la vie de Néron ainsi que son oeuvre, aimable comme chacun sait. Histoire d'amitié trahie et de vengeance, "Murena" est d'une cruauté extrême. Appuyée sur de nombreuses recherches historiques, la série est historiquement juste. La civilisation romaine y est décrite dans sa barbarie païenne, comme dans la série "Rome" de HBO. Sexe, violence, meurtre, trahison et conspiration sont la norme de la politique romaine ; c'est aussi le cas dans Murena. Les dessins sont superbes, et les couleurs, pastélisées, apportent le charme de la lumière romaine.
La série "Murena" est un véritable chef-d'oeuvre, peut-être la meilleure série de BD que je connaisse.
Si tu aimes la Rome antique, tu dois lire "Murena",
Si tu aimes l'Histoire, tu dois lire "Murena",
SI tu aimes la BD, tu dois lire "Murena"
Murena t. 1 à 7, Dufaux, Delaby

samedi 19 décembre 2009

J'ai du goût et pas vous

A la demande générale de Guillaume44 de l'excellent blog Traqueur stellaire, voici la liste des 15 meilleurs film de SF de toute l'Histoire du cinéma de SF. Je n'ai pas eu le courage de les classer, ils apparaissent donc de manière parfaitement stochastique. J'espère que ça n'intéressera pas que ma mère ;-)






mercredi 16 décembre 2009

Coïtus interruptus


"Nord absolu" est un roman de littérature blanche qui louche un peu sur l'anticipation. Dans une République nordique dictatoriale, deux destins parallèles, ceux de Niels et de Paul. Paul est un citoyen lambda, progressiste sans conviction ; Niels est un héros du nouveau régime. Ces deux destins se rejoignent d'une manière inattendue. Dans un cadre qui évoque irrésistiblement la France post Algérie française, nous voyons comment une dictature peut s'installer paisiblement, sans révolution, avec l'assentiment tacite des "braves gens".
Par delà les nombreux thèmes abordés, racisme, post-colonialisme, hyper-terrorisme, culte d'une identité nationale primordiale et éternelle (avec des accents qui rappellent fortement les pratiques du IIIème Reich), c'est la manipulation politique qui est au coeur de ce roman machiavélien. Fabrice Lardreau mêle habilement quantité d'éléments légèrement décalés de notre réalité pour décrire un pays en voie de réaction nationaliste, ce qui donne une plausibilité inquiétante à son histoire. On mettra aussi à son crédit quelques trouvailles narratives intéressantes (notamment un Rewind de grande qualité) ainsi qu'un ton à mi-chemin entre le parlé et l'écrit, qui, en s'adressant au lecteur, donne l'impression d'un documentaire.
Reste le débit. Fabrice Lardreau est un auteur français et, comme je l'ai déjà écrit plusieurs fois, il manque aux auteurs de ce pays la folie et l'excès qui font les grandes oeuvres. Il manque aussi l'art de la description exhaustive."Nord absolu" est intéressant et agréable à lire mais il n'est ni "1984", ni "Le meilleur des mondes". Alors, pour conclure, détournons Sade et écrivons "Auteurs français, encore un effort pour être George Orwell".
Nord absolu, Fabrice Lardreau

A suivre


Je n'avais pas aimé le roman "The road" et je l'avais écrit (si on peut appeler ça écrire) ici. La faute à un style desséché, surement voulu comme illustration de la désolation du monde décrit.
Au cinéma, plus de problème de style. reste le fond, beau et poignant. Une histoire d'amour entre un père et son fils dans un monde désolé. L'espoir d'une survie possible malgré les innombrables dangers. Des scènes très dures dont la dureté n'est que le reflet de celle du monde, post-apocalyptique et uniformément gris, dans lequel cheminent les deux "héros" du film. Un film à voir.
La route, John Hillcoat

dimanche 13 décembre 2009

Anacyclose


"Un cantique pour Leibowitz" fait partie de ces ouvrages tellement classiques qu'on se dispense de les lire car on a l'impression de les connaitre sans les avoir jamais ouverts. Grave erreur. Car "Un cantique..." est un beau livre, fort et poignant, auquel il faut se frotter pour en tirer la substantifique moelle.
Après l'anéantissement nucléaire de la plus grande part de l'Humanité, l'ordre monastique de Saint Leibowitz va, pendant 1800 ans, préserver des fragments du savoir ancien de l'oubli. Après une véritable Renaissance, l'Humanité s'anéantira enfin complètement dans une nouvelle guerre nucléaire.
Par sa construction narrative en parabole inversée et l'impression de nostalgie qu'il laisse, "Un cantique pour Leibowitz" m'a rappelé le chef d'oeuvre de Daniel Keyes "Des fleurs pour Algernon". Et ceci malgré une différence capitale, "Un cantique..." est un roman sans héros. 1800 ans d'Histoire sont développées en trois périodes séparées de plusieurs siècles et le seul "personnage" pérenne est l'Ordre de Saint Leibowitz, institution bimillénaire qui survivra même à la destruction ultime. Notons que cette absence de personnage principal ne nuit jamais à l'intérêt du roman.
Dans un style érudit, parsemé de citations latines, Walter M. Miller aborde quantité de thèmes par le biais de conversations et de réflexions introspectives. La notion de patrimoine, sa validité historique et son utilisation sont au coeur du récit ainsi que l'opposition entre la conservation du patrimoine comme objet vivant et la statufication muséologique qui n'a d'autre fin qu'elle-même. Nous voyons aussi, en lisant le roman, comment l'Histoire s'écrit, comment les faits deviennent légendaires en perdant de leur netteté, comment les positions institutionnelles sont transformées par l'imperfection de la mémoire (les personnages réels dont nous avons suivi les pérégrinations dans la première partie deviennent des figures légendaires dont on peut douter de l'existence réelle dans les parties suivantes). La question de l'usage de la science est aussi clairement posée, ainsi que celle de la conscience morale qui devrait présider à sa gestion, reprenant en cela l'assertion rabelaisienne matérialisée par un personnage de poète à l'oeil amovible. Le roman est aussi parcouru de part en part par des manifestations de ce qu'on nomme la "querelle des deux glaives" et qui durant le Moyen-Age opposera empereurs et rois au pape pour la suprématie européenne. L'hubris de l'Humanité qui ne sait jamais obéir ni se soumettre à la loi divine est cause des malheurs éternellement répétés qui la frappe. Chacune des oppositions que je viens de décrire est portée par des humains de chair et d'os, chacun convaincu de la validité de sa position théorique et de la justesse de sa cause. Chacun de nous est donc le mauvais de ses mauvais. Et l'enfer est pavé de bonnes intentions.
Roman de la guerre froide (écrit dans les années 50), il est hanté par la peur nucléaire et les images de monstres qu'a engendré Hiroshima. L'auteur a la tentation de l'innocence perdue et du jardin d'Eden alors qu'aux Etats-Unis on fait avancer l'horloge de l'apocalypse.
"Un cantique pour Leibowitz" est, je le répète, un beau livre et une belle interrogation écrite presque 20 ans avant le "Dans le château de Barbe-Bleue" de Georges Steiner. Pas mal pour une littérature que d'aucuns qualifient de distractive.
Un cantique pour Leibowitz, Walter M. Miller

vendredi 11 décembre 2009

Au dela du réel

Chacun devrait avoir vu ça :

mardi 8 décembre 2009

Que faire ?


Dans une société médiévale en cours de passage au totalitarisme, des observateurs humains d'origine extra-planétaires, aux pouvoirs immenses, observent, témoignent, tentent de valider des lois historiques empruntant autant au marxisme qu'à la psychohistoire.
Réédition d'un classique de la littérature russe (ou soviétique) ; et ce fascinant roman a le gout de ce qu'il est. Roman russe, il donne à voir une galerie de personnages haut en couleurs s'affrontant dans des dialogues où l'emphase et parfois l'absurde règnent en maitres. Impossible de ne pas penser à Dostoïevsky, par exemple dans "L'Idiot", en ce qui concerne le style des conversations/déclamations. Russe aussi par l'évocation de la forêt, mystérieuse et omniprésente, par la cruauté des nobles dans une société ultra-hiérarchisées, russe enfin par le sens de l'absurde des situations et de la galerie de personnages secondaires incongrus qui peuplent le roman. Soviétique, "Il est difficile d'être un Dieu" l'est par de multiples références à la Russie communiste, les quelques références à Hitler comme Némésis mythique, et le "fascisme" comme archétype de la dictature totalitaire. La société décrite par les auteurs a beau ressembler à celle de Staline, qu'ils connaissent par ailleurs bien mieux, l'ennemi ne peut qu'être fasciste.
Au-delà de la description, déjà vue mais originale par son côté slave, d'une société totalitaire (ici naissante) anéantissant la culture, "Il est difficile d'être un Dieu" vaut par une description fouillée du dilemme de l'observateur. Comment observer sans intervenir ? Comment laisser les lois supposées de l'Histoire écraser des hommes au nom d'un évolutionnisme théorique ? On pense à la Culture de Ian Banks, on pense aussi au cycle de Fondation d'Asimov. Peut-on, doit-on manipuler le développement des sociétés, et si oui, comment le faire ? Comment supporter la vision des lâchetés et des compromissions de ceux qu'on est sensé aimer et qui se conduisent comme des merdes pour sauver encore quelques temps leur misérable vie ? Seuls les plus froids survivront à cette épreuve. Les plus humains meurent ou deviennent fous. Le destin de combien de journalistes ou de casques bleus ?
Il est difficile d'être un Dieu, Arkadi et Boris Strougatski

dimanche 6 décembre 2009

Catalogue


Nouvel ouvrage ActuSF, le petit recueil de nouvelles publié à l'occasion des Utopiales. Toujours le même à priori favorable, et encore la même légère déception à l'arrivée.

Je crois que le meilleur texte, et de loin, est la préface écrite par l'érudit Ugo Bellagamba. Présentant l'univers fantastique dans un ballet de références, cette préface est un vrai plaisir de lecture.

Passé cet apogée, les six textes qui composent le recueil jalonnent, dans le désordre, la redescente. Aucun n'étant mauvais, je vais exceptionnellement les chroniquer tous. Aucun n'étant indispensable, je le ferai de manière succincte.

RC Wilson, les Perséides, un texte intrigant et plutôt bien écrit sur la notion typiquement wilsonienne d'entités supermacroscopiques parcourant les galaxies. La narration évoque Lovecraft. Malheureusement une fin trop abrupte gâche un peu ce qui reste un bon texte.

Catherine Dufour, Un temps chaud et lourd comme une paire de seins, intéressante altération du rapport de domination homme/femme (sûrement un texte que Maïa Mazaurette adorerait). Agréable à lire. Dommage que l'histoire racontée ne serve qu'à donner un squelette à la chair du concept, qui est l'inversion du rapport de force des sexes.

Walter Jon Williams, Elvis le Rouge, uchronie dans laquelle le frère jumeau d'Elvis est celui qui a vécu (voir l'histoire d'Elvis pour plus de détails). Celui-ci fait des choix différents de ceux que nous savons avoir été faits par son frère, amenant à un monde semblable mais différent. Honnêtement, Elvis on s'en fout un peu.

Pierre Bordage, De ma prison, les lecteurs assidus de ce blog savent que j'aime bien ce que fait Pierre Bordage, mais ce délire mystico-philosophique ne m'a vraiment pas convaincu. N'est pas Khalil Gibran qui veut.

Stephen Baxter, George et la comète, ce texte n'est pas très profond mais il a au moins le mérite d'être drôle en décrivant les maigres péripéties de deux consciences humaines égarées dans des corps de lémuriens, à la fin des temps solaires.

Jean-Philippe Jaworski, Préquelle, comme toujours chez Jaworski le style est limpide. L'histoire (devrais-je dire l'Histoire ?) se développe dans la tradition des nouvelles "à chute" de Weird Tales par exemple. Amusant à lire, de peu de conséquence.

Au bilan, rien de rédhibitoire mais rien de transcendant, si ce n'est, je le redis, l'excellente préface de Bellagamba.

Utopiales 09, anthologie

L'avis d'Efelle

mercredi 2 décembre 2009

La chair est triste


"69", anthologie érotique de SF, publiée chez ActuSF. A priori favorable pour cette petite maison d'édition, et pour le thème imposé de cet ouvrage.
Radotons immédiatement : "dans toute anthologie il est rare que tous les textes plaisent", néanmoins celle-ci ne restera pas un souvenir impérissable et ceci pour deux raisons, indépendantes malheureusement des questions de goûts. D'une part, dans trop de textes la SF ou le fantastique sont réduits à la portion congrue or ils formaient l'argument du livre ; d'autre part on trouve bien peu de joie dans ces nouvelles érotiques. Je garde, par comparaison, un souvenir ému de l'antédiluvienne anthologie "Histoires de sexe-fiction", publiée il y a très longtemps au "Livre de poche", qui avait l'amabilité de satisfaire le lecteur sur ces deux points.

Restent quelques textes agréables à lire et respectant le contrat de départ :

Maïa Mazaurette, Saturnales, l'un des très bon textes. Science fictif, intelligent, et drôle, il invite à ce que Ballandier appelait le détour anthropologique. Une réflexion sur les apparences, la perfection, et la perversité comme écart à la norme. De la belle ouvrage.

Charlotte Bousquet, Les métamorphoses d'une martyre, un hommage à Baudelaire par un auteur qui a su retrouver le style des poèmes en prose du maitre du romantisme morbide. Pour amateurs ; j'en suis.

Jean-Marc Ligny, Vestiges de l'amour, une intéressante trame narrative sur le thème de la succube et de l'usure du couple. Pas bien gai, mais fascinant.

Joëlle Wintrebert, Camélions, très science-fictive, sans doute la plus éloignée du prosaïsme. L'union sexuelle entre une humaine et des entités extra-terrestres sur une planète hostile pose les bases de l'apparition d'une nouvelle espèce. J'aimerais une suite.

69, anthologie

L'avis de Papa Fredo