samedi 29 décembre 2007

Pas le dernier Noël, mais presque


Abominables fêtes pour l'instant. Ma bande et moi avons tous eu une grippe carabinée avec forte fièvre, épuisement, maux de tête permanents, etc...
Ca commence juste à se terminer et il n'est pas impossible que le réveillon du Nouvel An soit envisageable dans des conditions décentes.
Crap ! Une fin d'année à oublier d'urgence.

Cthulhu image, courtesy of Ectomo

lundi 24 décembre 2007

Lumpenprolétariat


Thierry Jonquet est un auteur de roman noir qui a une longue trajectoire politique à l'extrême gauche. Dans "Ils sont votre épouvante et vous êtes leur crainte", phrase tirée de Victor Hugo, il tente de réveiller une certaine gauche au lendemain des émeutes de banlieue et de l'affaire Ilan Halimi. Une gauche confite dans l'huile des bons sentiments et de l'angélisme. Une gauche qui s'étrangle quand Jospin dit à Villepinte que la sécurité est un droit fondamental de l'individu et que c'est à l'Etat de l'assurer aux plus faibles, que la sécurité est ce que la société doit à l'individu dans le cadre du contrat social. Une gauche qui, à force de victimisation, justifie toutes les dérives, même les plus barbares. Une gauche qui a oublié que la République s'est construite contre les folklores et les particularismes, et non pas avec eux. Un gauche qui a découvert, horrifiée, que certains enfants d'immigrés ex-colonisés (meilleurs substituts de l'opprimé absolu depuis qu'il est difficile de trouver des prolétaires) étaient de vrais antisémites.
Venons en maintenant au fait ! Dans cet ouvrage Jonquet décrit la dérive hors de l'orbite républicaine de quartiers entiers du 9-3. A travers le trajet de quelques jeunes et de quelques boss de cité, il dépeint la réalité tragique de certaines zones que l'Etat ne contrôle plus qu'à grand peine. Or la nature politique a horreur du vide et quand l'Etat n'exerce plus son autorité il est rapidement remplacé par le plus violent des autochtones ou le plus illuminé des religieux.
Alors certes les personnages du roman sont des archétypes, certes on sent un peu d'aigreur personnelle (mais qui mieux qu'un compagnon de route peut connaître la route afin de pouvoir en parler ?), certes on peut se demander si ce roman, très ancré dans des évènements réels, résistera aux outrages du temps, certes on peut reprocher une noirceur extrême et l'absence de toute voie de salut, mais il est salutaire de rappeler dans un livre que la République ne doit jamais rien céder à des particularismes crpyto-fascistes et que ça passe par l'éducation, une éducation où les enfants devraient trouver autre chose que ce qu'ils y apportent.
Ils sont votre épouvante et vous êtes leur crainte, Thierry Jonquet

dimanche 23 décembre 2007

Fragments de rose en hologramme


William Gibson est (était ?) un grand homme. Il a révolutionné la SF avec son premier roman "Neuromancien" qui créa le genre Cyberpunk. La "matrice", représentation sensorielle du réseau de données directement envoyée dans le cerveau humain via une interface neurale, dans laquelle se plongent les pirates informatiques pour des hacks qui peuvent leur couter la vie, est une superbe invention de science-fiction. Il a développé les concepts d'Intelligence artificielle autonome et de constructs (copie d'une personnalité humaine dans un système informatique) - Greg Egan fera, 10 ans plus tard, de la notion de constructs le coeur de son roman "La cité des permutants". Il a enfin imaginé le monde actuel avec une impressionnante clairvoyance alors qu'il a écrit au milieu des années 80. Dans Neuromancien et ses suites il y a les connections mobiles au réseau informatique, l'omniprésence des marques, l'omnipotence de multinationales plus puissantes que des Etats, la banalisation de la pornographie et de ceux qui en font profession, la montée en puissance de l'Asie, l'ultra-violence des gangs, l'innovation permanente en terme de drogues. C'est alors logiquement qu'il a reçu pour ce roman les trois prix les plus prestigieux de la SF : le Hugo, le Nébula, le Philip K. Dick award.
William Gibson est donc un auteur capital dans l'évolution du genre. Aussi il faut saluer l'initiative de "J'ai Lu" qui publie en un seul volume "Neuromancien" et ses deux suites "Mona Lisa s'éclate" et "Comte Zéro", le recueil de nouvelles "Gravé sur chrome" (qui contient la belle histoire d'amour trahi "Fragments de rose en hologramme"), ainsi que des éléments d'analyse. Pour ceux qui n'auraient pas encore lu, c'est une superbe occasion.
Neuromancien et autres dérives du réseau, William Gibson

samedi 22 décembre 2007

Eric Zemmour is a variant 13


Richard Morgan est un excellent auteur de SF. Il est capable d'imaginer des histoires crédibles dont les effets du progrès technique soient les moteurs. En cela il rejoint Jules Verne. Son premier roman, chroniqué ici, utilisait d'une manière extrèmement imaginative le concept de numérisation de la mémoire; dans "Black Man" c'est de modifications génétiques qu'il est question.
Comme William Gibson, qui inventa le Cyberpunk dans l'inégalé "Neuromancien" en intégrant des systèmes informatiques à des hommes, Richard Morgan crée une science-fiction proche de notre temps, moins chatoyante que celle de Gibson mais de fait plus crédible.
Comme son premier roman "Carbone modifié", "Black Man" est un polar. Dans un monde où des expériences de génie génétique sont effectuées en secret par les Etats pour tenter de créer des troupes d'élite, sous le contrôle d'une ONU qui tente de les en empécher, une série de meurtres sans liens apparents est commise par une chimère génétique, revenu de Mars dans des conditions atroces mais caractéristiques, un variant 13, produit d'un laboratoire militaire aux caractéristiques de male alpha conçu pour servir de troupe de choc, est soupçonné d'être à l'origine de ces meurtres. Un autre variant 13 est recruté pour l'arrêter. Je ne dévoile rien de plus. Sachez simplement que rien n'est aussi simple qu'il n'y paraît.
Le roman nous montre une Amérique déchirée, un monde où la puissance chinoise est dominante. Il manipule - et le lecteur l'est aussi - les notions d'ambition, de trahison, de secret. Il joue sans cesse sur les notions d'inné et d'acquis, de liberté par rapport à son hardware génétique. Il développe longuement l'opposition entre les variant 13, males dominants agressifs et sociopathes, et les humains standards qui les diabolisent et tentent de les contrôler mais en ont besoin pour mener leurs guerres, car, même si l'agressivité s'éteint, les conflits d'intérêts demeurent. Il décrit des projets de création et d'élevage de variants génétiques dignes de l'opération Lebensborn dans l'Allemagne nazie. Et on se dit alors qu'il y a suffisamment de dictatures sur Terre pour que ce type de programme soit mis en branle. Et on se dit aussi que les services spéciaux des démocraties feront certainement fabriquer par les dites dictatures les chimères qu'ils ne peuvent produire eux-mêmes. Le roman de Richard Morgan ouvre une voie d'interrogation crédible sur l'utilisation du génie génétique. Pour moi, quand la SF encourage une réflexion intelligente sur le monde tout en dépaysant, elle fait son travail.
Black Man, Richard Morgan

lundi 17 décembre 2007

Fluctuat nec mergitur



QUIZZ : C'est quoi cette chose ?

REPONSE : Cellule de Reed-Sternberg, grande cellule de 50µ de diamètre à noyau bilobé avec une chromatine finement réticulée et des nucléoles volumineux et basophiles donnant un aspect en « masque de carnaval » ou « œil de hibou ». Il peut s’agir de cellules de Hodgkin qui sont les précurseurs de la cellule de Reed-Sterberg et ressemblent à de grands immunoblastes au noyau monolobé avec un volumineux nucléole.

J'en ai eu plein dans le corps. Je n'en ai plus aucune. C'est officiel depuis jeudi.
Gromovar 1 - Hodgkin 0

dimanche 16 décembre 2007

Virgin Suicides


Encore une illustration de mon obsession névrotique des voix féminines. Le groupe "Au revoir Simone" est composé de 3 new-yorkaises, comme son nom ne l'indique pas. Elles jouent une musique électronique minimaliste supportant des voix éthérées. Là où Laurie Anderson aurait développé 20 pages de théorie pour rendre sa création intelligible, les "Au revoir Simone" se contentent de jouer avec une grâce extrème. Le tout est très SofiaCoppolesque, évoquant un univers d'ennui adolescent qui se termine par le suicide ou l'acceptation de l'aliénation (quelque chose comme l'avenir inévitable d'une prom queen dans une petite ville de l'Oklahoma). L'univers de Twin Peaks est aussi présent dans cette musique. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si David Lynch est un grand amateur du groupe.
Tant qu'on y est, ça me rappelle aussi beaucoup le premier album cold-wave des Cure, "Seventeen Seconds". Le son est différent, comme l'époque, mais il se dégage la même tristesse désabusée des deux albums.



The bird of music, Au revoir Simone

samedi 15 décembre 2007

Merry X-Mas

Depuis de longues années, je suis un lecteur assidu de la revue Mad Movies. Unique revue de cinéma française dans laquelle on puisse trouver des informations sur des films aux titres aussi improbables que "Tyrannosaurus Azteca", "Histeria" ou "Opapatika", elle est un régal pour le geeképhile.
Je ne résiste pas au plaisir de vous livrer le début de l'édito du mois en contrepoint de ma liste de cadeau du 10 décembre. Enjoy !

Ah, le mois de décembre ! Les bousculades de la foule lobotomisée dans les grands magasins, les gniards affamés scotchés devant les vitrines des boutiques de jouets, les ados entassés dans les rayons des disquaires tentant d'attraper les dernières compilations de Tokioctonik, les mamies salivant devant des boites de chocolats industriels fabriqués avec de la graisse animale, les jeunes métrosexuels s'arrachant les derniers gadgets high-tech avec rage et détermination... Ne cherchez pas midi à quatorze heures, le scénario ultime de film d'horreur, il est ici !

C'est vrai que, vu comme ça, ça donne envie. Bonnes fêtes quand même !

Freddy Mercury meets Klaus Nomi


Et cela donne la chanson "Space dementia", le meilleur rock symphonique de la décennie (malheureusement récemment popularisée par une publicité, mais au moins c'est un spot pour un produit de luxe). Tout le reste est également excellent (mention spéciale pour Bliss pour lequel le mot excellent n'est pas suffisamment explicite).
Enjoy !



Origin of Symmetry, Muse

Ignoti nulla cupido


Mon rythme de lecture étant un peu chaotique en ce moment, je vais rédiger quelques posts musicaux pour changer. Je ne dirai pas grand chose de mes choix car, si je peux comprendre et analyser la littérature, je ne sais que ressentir la musique. Manque d'apprentissage :-(
Globalement j'aime Wagner, le métal, le punk pour le sentiment de puissance que ça développe, et Chopin, le gothique, le be bop pour la nostalgie que ça engendre. J'aime les compositions complexes, je hais la variété et les musiques noires (funk et ses innombrables dérivés).
En ce moment je me passionne pour les voix de femme. Sofia Coppola a sûrement eu une mauvaise influence sur moi.
Il y a peu, j'ai découvert par hasard Bat for Lashes. Bat for Lashes est le nom que se donne Natasha Khan. Ce qu'elle fait est superbe (même si la photo de la pochette craint à mort). Chaque morceau développe une ambiance différente sur l'album, et tous sont de magnifiques compositions. Essayez des extraits, faites-vous une idée, puis faites-vous plaisir !
Ceci est une vidéo embedded comme en poste mon bon ami APL. Je signale, à titre lexicologique, que embedded (incorporé) est aussi le qualificatif appliqué aux journalistes intégrés dans les unités combattantes américaines en Irak.


Fur and Gold, Bat for Lashes

lundi 10 décembre 2007

Le cauchemar d'Eric Zemmour


Voici le comics qui donne des sueurs froides à Eric Zemmour. Un comics dans lequel "Le premier sexe" est réduit à la portion congrue (et c'est peu de le dire).
"Y the last man" est l'histoire post-apocalyptique du dernier homme (au sens de mâle) sur Terre. Tous sont morts simultanément, victimes d'un évènement inexpliquable, et la Terre n'est plus peuplée que de femmes. Yorick (le survivant pour une fois) se lance alors dans une quête interminable pour comprendre ce qui s'est passé et tenter de donner une chance de survie à l'humanité.
Entre politiciennes tentant de sauver ce qui peut l'être, groupes paramilitaires, pillardes, membres des services secrets, etc..., Yorick se débat pour sauver l'humanité, avec une idée en tache de fond, aller en Australie pour retrouver son amie.
Le graphisme est un peu plat mais le scénario est d'une immense qualité. Dur, cynique et drôle à la fois. Ironie, humour, cruauté, rebondissements, rien ne manque, même pas un matriarcat qui ressemble comme deux gouttes d'eau au vieux patriarcat réactionnaire, ou la paranoïa des militaires qui rappelle furieusement celle de l'état-major dans "Docteur Folamour". Au final nous constatons que les femmes sont vraiment des hommes comme les autres.
Brian K. Vaughan est lauréat du Will Eisner Award, un prestigieux prix récompensant les comics. Il a aussi réalisé l'excellentissime "Pride of Baghdad" dont je vous parlerai sous peu.
C'est en anglais sauf deux volumes traduits que je n'ai pas eu entre les mains.
Y : the last man, Brian K. Vaughan

Cher Papa Noïel

Si même "20 minutes" fait un supplément Cadeaux, aucune raison que je n'en fasse pas un aussi; ma légitimité culturelle est au moins aussi grande.
Comme c'est une première, je ne savais pas trop comment m'y prendre. J'ai donc décidé de vous fournir la liste des cadeaux que je vais faire cette année, car ils sont tous de bon aloi et parfaitement adaptés à leurs destinataires, ce qui explique leur hétéroclitude.
Je suis donc dorénavant ce qu'on appelle en marketing un "prescripteur" (oui, comme votre proctologue) ou un "leader d'opinion", et en psychiatrie un mégalomane.

Cadeaux de bon aloi pour Noël 2007 :

Les 1001 vies de Billy Milligan, Daniel Keyes
Louis XIV, le Roi-Soleil, Max Gallo
Le crépuscule des dieux, t. 1 et 2, Jarry, Djief
Dans la colonie pénitentiaire, Ricard, Maël
Le vampire de Sacramento, Mosdi, Fino
Y the last man, Brian K. Vaughan
Pride of Baghdad, Brian K. Vaughan
Carnet de cambuse : les recettes de Corto Maltese, Pierre
Manuel de survie pour les diners en ville, Ortoli, Eltchaninoff
La nostalgie de l'ange, Sebold
Sony DSC-H7
Caricature BD personnalisée
La boite à gateaux


Copiez la liste ! N'hésitez pas à piocher dedans ! Dites à vos amis que ce sont vos idées ! Régalez-vous !
NB : Pour les jouets, reportez-vous à n'importe quel bon catalogue !