samedi 18 août 2007

Ananké




Histoire de la vie d'un cadre new-yorkais désabusé qui se jette à corps perdu dans une forme d'auto-destruction, "Le démon" est un livre très fort en ce sens qu'il implique complètement le lecteur. Impossible de ne pas vibrer aux errances de Harry. Et c'est le style cru et direct (la premier paragraphe du roman est de ce point de vue un filtre à lectorat) de Selby qui provoque cet effet. Tendue, restreinte, sous pression, l'histoire progresse d'une manière inéluctable et le style nous y plonge au coeur. Le lecteur vit avec Harry, dans ses pensées, ses motivations, ses faux-semblants. Il vit dans sa quète sans fin où chaque succès n'est qu'un palier vers une suite (fuite ?). Harry évoque immanquablement un accro à l'héroïne qui ne peut s'arréter, et qui ne cesse de se dissimuler, de mentir aux autres et à lui-même avec un certain succès, jusqu'à ce que même le mensonge ne soit plus matériellement possible. Harry se détruit lentement, méthodiquement, avec un succès certain. Quand au récit, il évoque une tragédie grecque dans la manière dont il avance vers son dénouement.
Une lecture très impliquante émotionnellement.
Le démon, Hubert Selby Jr.

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